ARTISTES
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Résultats de l’appel à candidatures DELTA ART 2020

 

Nous tenons également à remercier sincèrement les 72 artistes qui nous ont envoyé leur candidature pour cet appel. Le niveau a été exceptionnel et c’était une énorme responsabilité pour nous de devoir sélectionner les meilleurs projets à développer à Minorque dans le cadre de la résidence DELTA Art les mois d’août et septembre 2020.

Nous sommes très heureux de communiquer officiellement les résultats de l’appel à candidature pour la résidence DELTA Art.
Le jury de cet appel, composé d’Antoine Marchand (Centre d’art Le Lait, Albi), Carles Jiménez (commissaire indépendant, Minorque) et Xavier de Luca (Jiser Reflexions Mediterrànies), a sélectionné les candidatures des artistes suivants:

OCCITAINE

Célie Falières

Dans son entretien du 29 avril 1937 à la BBC, Words fail me, Virginia Woolf exprime la difficulté de traduire la pensée en mots. Elle présuppose que celle-ci est inarticulée. La langue qui permet de l’exprimer est quant à elle subordonnée aux modifications per- manentes de son usage et de ses règles. Quant aux mots qui la constituent, ils sont par nature imprécis et interdépendants ; peu fiables, en somme. Woolf ne nous dit pas de ne plus écrire de peur d’y échouer, mais souligne la difficulté de le faire avec justesse.

Mon travail de plasticienne est étroitement lié à cette notion de traduction imparfaite et nécessaire. Utilisant le répertoire des sciences

naturelles, de l’histoire de l’art et du folklore, les objets que je fabrique sont autant de mises en formes d’une pensée latente. Je manipule les matériaux sans hiérarchie et cherche des points d’équilibre entre le pérenne et le périssable. La matière a son importance mais ce n’est pas l’unique sujet. C’est aussi un vocabulaire de formes, d’échelles, une narration qui suit sa propre syntaxe et s’articule autour de contextes changeant. 

Scenery, argile, coton, peinture, laine, réalisé avec le concours des régions Occitanie et Grand-Est, 2019.

Commune, coton, polyester, canevas, 180x100cm, réalisé en résidence à Saint-Paul-Cap-De-Joux sur une invitation de l’AFIAC, 2019. 

Solid Objects, plâtre, bois, métal, craie, laine, dimensions variables, Des Artistes Chez l’Habitants, AFIAC, 2019

Darla Murphy

Darla Murphy cherche à explorer les tensions possible entre une image et son objet, entre une réalité et une histoire, entre une expérience et un récit. Son travail se construit sur un large spectre de médiums, s’emparant de la vidéo sous forme d’installation, ainsi que le son, le volume, l’écriture et la performance. Elle creuse l’inévitable osmose entre le réel et le fictif, le documenté et l’imaginé. Ses textes narratifs développent ces thèmes en traitant la fiction sur le même plan que le fait, en cette époque socio-politique où il semblerait que toute information peut prendre le sens que l’on lui attribue.

Le lieux de ces questionnements se trouve dans le rapport entre l’humain et la nature sauvage, notamment la fabrication de l’image de la nature à travers la culture. Les objets deviennent aussi lieux d’interrogation du contexte paysager. Souvent énigmatique en esprit, son travail cherche à mettre en jeu la neutralité de la nature, dépourvue de nostalgie, à l’aide d’un langage non-neutre. 

Née aux Etats-Unis et vivant en France depuis onze ans, elle se nourrit des deux cultures et leurs différents paysages respectifs, qui représentent deux regards occidentaux sur la nature. Ceci l’amène également à la question de la langue et l’expérience individuelle et sociale comme filtres de subjectivation du monde. Tout comme le paysage, la langue est un produit de phénomènes culturelles qui sont perdus à travers une traduction. Dans son travail, le

décalage entre ce qui est dit à travers le texte et ce qui est donné à voir sert à troubler notre sens de l’objectivité et nous pousse à nous questionner sur notre compréhension du “vrai”. 

ÎLES BALÉARES

Marina Ribot Pallicer

Marina Ribot Pallicer (Calvià, Îles Baléares) entrelace des projets d’expérimentation artistique avec la pratique et la recherche dans le commissariat. Elle travaille, explore et crée collectivement dans divers espaces partagés à partir desquels placer au centre les méthodologies d’essai et de recherche. Elle est membre du collectif pli-é avec Eva Paià et Angelica Tognetti, un groupe de recherche à partir duquel elles adressent différentes propositions pour rendre le terme commissariat (curating) à son étymologie originale: celle qui le relie au «soin» (cura). Il fait également partie du projet hors champ, une méthodologie et un espace d’apprentissage qui croise les pratiques artistiques et extra-artistiques. Récemment, elle a effectué une résidence de recherche au MACBA avec le projet « Géographies de guerre: la grille comme infrastructure », une proposition audiovisuelle à partir de laquelle elle problématise la carte et la grille comme formulations bellicistes et structures non neutres.

Marta Grimalt Canals

Mon expression artistique touche à de nombreuses disciplines, mais surtout au cinéma, à la photographie et au stylisme. Les formes, les couleurs, les textures, les vibrations et les énergies m’attirent le plus, notamment le fait de générer des ambiances et des émotions, à travers un langage cryptique et sensoriel, toujours libre.

La puissance du langage audiovisuel est mon outil. Comme le psychédélisme d’une réalisation d’images, selon la façon dont elles ont été enregistrées et éditées, ainsi que des effets sonores de toutes sortes, provenant de conversations, de bruits, de paysages sonores ou musique, donne comme résultat un

film, qui est très polyvalent et facile à diffuser à travers sa projection ou son émission à l’écran.

Je m’intéresse à traiter des sujets sociaux critiques avec une pensée féministe, d’expression libre, écologique et en défense des animaux. J’explore et façonne ces champs à travers l’humour absurde, ironique et acide, ainsi qu’avec les messages entre les lignes de la scène abstraite et aussi avec la poésie existentielle. Je considère qu’avec un peu de comédie et de surréalisme je peux alléger les problèmes existants, sans négliger le respect.

Si je devais intégrer mon travail dans un mouvement, je le ferais dans les nouvelles avant-gardes, le post-tout, où l’expérimentation est importante lors de la création, car l’action la plus directe et la plus spontanée l’est tout autant. licite que prévu. Cela est lié au genre fantastique, où il n’y a pas de limites à la génération de contenu, mais l’expansion d’un imaginaire fou avec des possibilités infinies, sans oublier une conjonction et une formation ordonnée dans le chaos.

L’effet fluide et organique est ce qui me donne cette magie, donc je me sens très identifié au personnage et à la finition qui donne à la fois le cinéma analogique (super 8, 16mm, 35mm…) et la photographie argentique (35mm, instantané…) et travailler avec différents types d’appareils photo et d’objectifs, selon le résultat que je souhaite obtenir.

Il s’intègre également dans la vidéo numérique, en particulier avec des caméras inhabituelles ou anciennes, telles que la caméra vidéo Mini DV, la caméra ipod et rétro ou tout simplement la caméra mobile où ces imperfections de définition génèrent également un effet organique spontané et le bricolage où d «Je me suis également débarrassé de ces préoccupations en publiant des fanzines auto-publiés et en étant capable de traduire cette langue sur papier.

LONGUE VIE AU SURRÉALISME!

CATALOGNE

Roc Domingo Puig

Roc Domingo Puig (Lleida, 1992) Diplômé des Beaux-Arts (UB),

membre du KGG et du Grup d’Estudi. Sa pratique artistique va de la production viusuel et commissariat à l’éducation, où il en profite pour aborder les traditions, les habitudes et les coutumes liées à un contexte spécifique, tenant compte des objets qui les entretiennent et/ou les rendent possibles, dans le but de rendre visibles certaines tensions ou hypothèses naturalisées. Dans cette dérive, il a réalisé les projets Cómo amanecer en una fiesta à Casa Tres Patios (Medellín, 2018), Portar el Daurat a La Escocesa (Barcelone, 2019) et De perdidos al río au Centro Huarte (Huarte, 2020), tous ceux avec Joana Capella.

Parallèlement, il s’intéresse au travail des artistes contemporains dans son environnement, qui l’invite à participer dans certains de ses projets autogérés. C’est le cas de La Permanent (2017-2020), un projet de commissariat chez le coiffeur de sa mère à Lleida. Depuis 2017, il collabore avec Espai Híbrid, une équipe pédagogique de la Faculté d’éducation de l’Université de Lleida, expérimentant les

intersections entre l’art et l’éducation dans la formation initiale des enseignants. Avec eux, il a participé au projet Le musée est une école (2017-2020), articulée entre différentes écoles primaires et secondaires de Catalogne, et à l’exposition Notes sur l’impossibilité de l’image du monde (Lleida, 2019).

Il combine actuellement la pratique artistique avec l’enseignement dans des lycées et écoles d’art.

Juan David Galindo

Un Juan. Il y a des milliers de Juanes dans le monde et je signe comme tel, comme un parmi des milliers. J’explore avec des projets artistiques, matérialisés à travers de l’archive, de la vidéo ou la performance, les modèles de subjectivation qui déforment, disciplinent, limitent et stimulent le moi. Je plonge dans la construction de la subjectivité, à partir de ce qui se conforme au moi au-delà de l’identité et de la biographie.

Je pense avec la même logique et le même modèle avec lesquels je navigue sur mes écrans, ouvrant des couches et plus de couches, qui se chevauchent, s’entremêlent et contaminent. J’agis avec un esprit avec un déficit d’attention qui n’est pas capable de plonger dans une ligne, et en conséquence il est condamné à ouvrir des liens, des références et des vidéos. J’ai plutôt l’intention de me battre pour me rendre à mon (in)capacité d’attention et à mon envie d’ouvrir et d’ouvrir des fenêtres. Je m’abandonne au bombardement de l’information, je fusionne avec sa logique saturée et trouve des outils pour copier, coller,

remplacer, supprimer et discerner, et construire à partir de là une méthode, une forme d’articulation qui cherche à transformer un problème et une conséquence en une proposition.